Actualités

Communiqué de presse I « TikTok Lite ou la prime au vice Stéphanie Yon-Courtin interpelle la Commission européenne » - 15.04.2024

Bruxelles, 12 avril 2024 

Jeudi 11 avril, TikTok a lancé discrètement en France et en Espagne sa nouvelle application TikTok Lite dont le principe est simple : plus l’utilisateur reste connecté à visionner des vidéos, plus il remporte des pièces qui peuvent ensuite être changées en bons d’achat Amazon ou carte cadeaux PayPal. 

Une concurrence sans limite au prix du consommateur 
Alors que TikTok a près de moitié moins d’utilisateurs en Europe (150 millions) qu’Instagram (388 millions), le géant chinois semble vouloir rapidement remédier à cela. « C’est la course entre Big Tech pour capturer le plus d’utilisateurs possibles sur leurs plateformes. TikTok frappe fort avec cette possibilité de rémunération qui va surtout attirer les plus jeunes dont les effets désastreux de l’addiction aux écrans ne sont plus à prouver » déclare la députée européenne Stéphanie Yon-Courtin, référente des enjeux numériques pour la délégation française de Renew Europe. 

La course aux écrans et la prime au vice 
Cette pratique de « rewarding » va récompenser le temps passé sur les écrans en incitant ainsi chaque utilisateur à rester connecté. 
« TikTok se pose en chantre de la protection des mineurs et de la mise en place de temps de visionnage limité pour les plus jeunes alors qu’il met en place en même temps cette véritable prime au vice. C’est une hypocrisie totale qui souligne encore une fois que l’autorégulation du monde en ligne par les Big Tech ne suffit plus » souligne la députée qui a négocié l’Acte sur les Marchés Numériques (DMA) pour mettre fin aux pratiques déloyales des Big Tech. 

Aller plus loin contre les pratiques addictives des plateformes en ligne 
En décembre 2023, le Parlement européen a largement adopté un rapport sur les conceptions addictives des services en ligne et la protection des consommateurs. Le rapport faisait un constat sans appel, rappelant que les les jeunes de 16 à 24 ans passent en moyenne plus de sept heures par jour sur l’internet et que l’on constate chez un enfant ou jeune sur quatre une utilisation « problématique» ou «dysfonctionnelle» de son smartphone. 

« Nous demandons à la Commission européenne de prendre des mesures supplémentaires. L’addiction aux écrans est certes une responsabilité personnelle et parentale mais elle est encouragée par les pratiques des géants du numérique » souligne Stéphanie Yon-Courtin qui a négocié ce rapport pour le Groupe Renew Europe. 

La députée européenne a écrit à la Commission européenne pour l’interroger sur les prochaines étapes concernant le lancement de cette nouvelle application. La Commission européenne compte-elle interdire cette pratique addictive ? Entend-elle publier des lignes directrices sur la conception et organisation des interfaces en ligne comme déjà prévu dans le DSA ? 

« Cela nous interroge aussi sur la question de la protection des mineurs et de la majorité numérique. L’accès à des sites ou applis réservés aux + de 18 ans est plus simple que l’accès à certaines boites de nuits branchées où un physionomiste expérimenté s’assure encore de votre âge » conclut l’eurodéputée Renaissance.