Actualités
Bulletin Quotidien Europe - NUMÉRIQUE; entre accusations de censure et autonomie stratégique - 09/10/2025
NUMÉRIQUE; entre accusations de censure et autonomie stratégique, le Parlement européen se divise sur la souveraineté numérique de l'UE
Bruxelles, 08/10/2025 (Agence Europe) – Le débat sur la souveraineté européenne et ses législations numériques, mercredi 8 octobre au Parlement européen à Strasbourg, a vu les groupes situés à droite et à gauche de l'hémicycle s'affronter sur le sujet de la liberté d'expression et de l'ingérence étrangère, sous le regard de la commissaire européenne chargée de la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen, qui a promu la mise en œuvre par la Commission des législations phares que sont les règlements 'DSA' et 'DMA'. En introduction du débat, Henna Virkkunen a refait le point sur ce qui a été accompli, notamment les deux récentes amendes infligées à Apple et Meta (EUROPE B13626A2), et les très nombreuses enquêtes préliminaires ouvertes au titre du DSA (plus d'une quarantaine). Mais le débat a vite changé de teneur pour se focaliser sur l'influence des réseaux sociaux et les accusations de censure de la part de la droite radicale. Parmi les voix les plus critiques, plusieurs eurodéputés des groupes Patriotes pour l'Europe et Conservateurs et Réformistes ont en effet dénoncé une prétendue « censure » de l'UE sur les réseaux sociaux ainsi qu'une « restriction de la liberté d'expression », abordant le sujet du 'chat control' (EUROPE B13724A4) et du « controle des citoyens ». Les autres groupes ont centré leurs interventions sur la souveraineté européenne et l'influence étrangère sur l'application de certaines législations. « Nos régulations sont attaquées de toute part. On attend encore les sanctions contre X et TikTok dans le cadre du DSA. Combien de temps va-t-on brader nos règles contre des droits de douane revus au rabais ? », s'est insurgée Stéphanie Yon-Courtin (Renew Europe, française), exhortant la Commission à « assumer, défendre et se donner les moyens » d'appliquer réellement ces législations. « Je ne vois pas de coopération du côté des États-Unis, mais un mépris ou une remise en question de notre cadre juridique. Il nous faut mettre en place des conséquences très lourdes si ce comportement se poursuit », a plaidé Axel Voss (PPE, allemand), en évoquant la possibilité de « suspendre l'échange de données transatlantique ». La division de l'hémicycle sur ce sujet s'est faite ressentir par la recrudescence des interpellations entre eurodéputés lors du débat, donnant lieu à plusieurs scènes de questions-réponses entre deux élus. Manifeste du groupe PPE. En parallèle du débat, le groupe du PPE a adopté, mardi 7 octobre, son manifeste pour une « Europe souveraine, sûre et compétitive sur le plan numérique », au sein duquel l'UE est critiquée comme « trop lente et trop fragmentée ». Le cloud, l'IA, les infrastructures stratégiques et de communication doivent être appréhendées sous le prisme de « l'autonomie stratégique et de la résilience », avec une « approche globale intégrant les marchés publics et un financement ambitieux », pour couper dans les dépendances extérieures, estime les chrétiens démocrates européens. Le PPE appelle à repenser les mécanismes européens de financement et d'investissement, notamment le budget de l'UE à long terme, à défendre le 'made in EU', et à finaliser le marché intérieur grâce à la simplification, l'harmonisation des législations, l'adoption rapide du prochain 'omnibus' numérique et la modernisation du règlement 'RGPD' sur la protection des données personnelles.
Stéphanie Yon-Courtin