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Le Marin - « Les progrès vers la durabilité de la pêche sont trop lents », révèle l’évaluation de la politique commune des pêches - 05/05/2026

« Les progrès vers la durabilité de la pêche sont trop lents », révèle l’évaluation de la politique commune des pêches

La Commission européenne a publié le 30 avril son évaluation du règlement relatif à la politique commune de la pêche (PCP), qui couvre la décennie 2014-2024. Ce rapport alimentera d’éventuelles réformes de la PCP et servira de base à la vision de la Commission pour la pêche et l’aquaculture à l’horizon 2040, destinée à orienter l’élaboration des politiques au cours des prochaines décennies. Si le rapport souligne des progrès en matière de gestion de la pêche et de réduction de la surpêche, il pointe néanmoins des avancées trop lentes en matière de durabilité. La part des stocks pêchés à des niveaux durables est passée de 50 % en 2014 à 63 % en 2022 et la pression exercée par la pêche a diminué, mais les stocks halieutiques ne se sont pas rétablis comme prévu. En outre, malgré la réduction globale de la pression de pêche, les rejets de captures indésirées se poursuivent dans les pêcheries de l’Union européenne (UE). L’évaluation souligne que l’obligation de débarquement censée améliorer la sélectivité n’a pas produit les effets attendus, notamment en raison d’une mauvaise mise en œuvre de cette règle particulière. Car, note le rapport, ce qui achoppe ce ne sont pas les règles de la PCP elles-mêmes, mais une mise en œuvre et une application incohérentes dans les États membres de l’UE. Si des mesures telles que la simplification des règles, la numérisation et la planification à long terme ont contribué à réduire la bureaucratie, leur succès dépend d’une mise en œuvre cohérente par les États membres. Un secteur fragilisé par la hausse des coûts Le bilan est également mitigé sur le plan économique. Si la valeur des échanges de produits de la mer dans l’UE a progressé de 18 % entre 2015 et 2024, les gains pour la filière pêche restent toujours limités. Le secteur demeure fragilisé par la hausse des coûts, notamment énergétiques, le vieillissement de la flotte et des difficultés d’accès à la ressource, en particulier pour les petits métiers. L’aquaculture, bien que rentable, reste relativement petite et n’a pas atteint la croissance de la production que son potentiel permettrait. Pour elle il est nécessaire de travailler à l’attractivité du secteur. Cela passe notamment par plus de visibilité sur les possibilités de pêche avec des quotas pluriannuels, la modernisation de la flotte en levant les freins réglementaires et de financements publics, le renouvellement des générations. Des règles inadaptées Pour Stéphanie Yon Courtin, le rapport censé être rendu en 2024 conclut ce qu’on savait déjà. À savoir que la politique commune des pêches est mal mise en œuvre » et « ne permet pas de répondre aux problématiques de la modernisation de la flotte, du renouvellement des générations et de l’augmentation des coûts opérationnels, et beaucoup de ses règles sont inadaptées et difficiles à appliquer pour nos pêcheurs . Stéphanie Yon-Courtin enjoint Bruxelles à faire rapidement, des propositions législatives pour mettre à jour la PCP, qui n’a pas été révisée depuis 2013 . Sans remettre en cause les principes de la PCP, la députée incite à revoir son fonctionnement avec des règles simplifiées, plus opérationnelles, et un assouplissement des contraintes qui entravent le renouvellement de la flotte et des générations de pêcheurs. Côté pêcheurs européens, la déception est de mise. Pour l’association professionnelle Europêche, la PCP n’a pas atteint ses objectifs de durabilité socio-économique malgré une flotte conforme à des normes environnementales élevées. Le secteur appelle désormais à une révision ciblée de la PCP afin de simplifier les règles et de les rendre plus opérationnelles face aux réalités du terrain. La pêche européenne pâtit sévèrement du vieillissement de la flotte. Ici, une vue de la flottille des chalutiers à Sciacca, en Sicile.