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Ouest-France - Deux vice-présidentes : la parité interroge à l’Intercom - 30/04/2026

Deux vice-présidentes : la parité interroge à l’Intercom

Lors de sa 1re réunion, mercredi 15 avril, le conseil communautaire de Côte ouest Centre-Manche a élu président et vice-présidents. Le nouvel exécutif ne compte que deux femmes.

Dans une réflexion publiée dans Ouest-France samedi 11 avril, l’historienne Anne-Sara Bouglé-Moalic et la députée européenne Stéphanie Yon-Courtin s’interrogeaient : les femmes sont-elles les perdantes du troisième tour des municipales. Celui-ci correspond à la phase de désignation des adjoints au maire et des vice-présidents des communautés de communes.

Sur ces dernières, les deux expertes expliquaient : Les conseils communautaires sont administrés par des bureaux qui ont des obligations de parité. Mais il y a, en leur sein, des équipes réduites, constituées autour du président pour assurer diverses délégations. Et ces équipes ne sont pas soumises à la parité. Ce qui se voit dans leur composition.

15,4 % de l’exécutif

Exemple à la communauté de communes Côte ouest Centre-Manche (COCM). La désignation de l’exécutif s’est déroulée mercredi 15 avril. Autour du nouveau président Jean-Marie Poulain, onze personnes ont été désignées pour une vice-présidence. Dont seulement deux femmes : Noëlle Leforestier, à la culture et au tourisme, et Anne Hébert, à l’enfance, jeunesse, parentalité et mobilité.

Une quasi-absence de femmes qui a fait réagir deux élus. Candidate à la présidence, face à Jean-Marie Poulain, Stéphanie Maubé a publié un billet sur le sujet sur les réseaux sociaux, où elle s’interroge aussi de la moyenne d’âge du bureau. J’apprécie à titre individuel les personnalités qui composent le nouveau bureau communautaire et je loue leur sens de l’engagement que je sais profondément sincère. Mais la composition de cette équipe me semble inadéquate pour faire face aux enjeux de moyen et long terme , écrit-elle. « Il y a quand même une certaine part de femmes parmi les élus , évoque-t-elle auprès de Ouest-France. La COCM compte 21 conseillères. Soit 35,6 % de l’assemblée. Elles ne représentent que 15,4 % de l’exécutif, composé du président, de onze vice-présidents et d’un conseiller délégué.

« Une erreur stratégique fondamentale »

L’autre élu dubitatif, c’est Henri Lemoigne, président de la COCM de 2017 à 2026. En 2020, son exécutif comptait quatre femmes : Anne Hébert, Stéphanie Maubé, Rose-Marie Lelièvre et Michèle Brochard. Pas la parité, mais c’était à l’image de la composition de l’assemblée, un peu plus de 30 %. Le 15 avril, la parité a été bafouée et je regrette une telle situation. C’est une erreur stratégique fondamentale .

En se faisant l’avocat du diable, on interroge : les femmes osent-elles prendre des responsabilités ? Henri Lemoigne répond : Est-ce qu’on les sollicite, leur explique la fonction ? Les femmes ont des compétences pour être vice-présidentes. On a réussi à dresser des listes paritaires dans nos communes, pourquoi pas dans les communautés de communes ?

Stéphanie Maubé se souvient de son expérience : Quand je suis arrivée en politique en 2020, je voyais tous ces hommes qui prenaient la parole naturellement, avec beaucoup d’assurance. On a l’impression qu’ils connaissent très bien leur sujet. Il a fallu que je prenne confiance en moi. Dans les petites collectivités, dans nos territoires ruraux, la parité se fait plus difficilement que dans les grandes villes. Contacté par Ouest-France, Jean-Marie Poulain n’a pas répondu à nos sollicitations.

Le 15 avril, la parité a été bafouée et je regrette une telle situation. C’est une erreur stratégique fondamentale.

Henri Lemoigne, elu de la COCM

Le nouvel exécutif de la communauté de communes Côte ouest Centre-Manche. Seulement deux femmes ont été désignées vice-présidentes.