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La Correspondance de la Publicité - Les eurodéputés réclament à la Commission européenne une procédure formelle contre Shein dans le cadre du "Digital services act" - 28/01/2026
Les eurodéputés réclament à la Commission européenne une procédure formelle contre Shein dans le cadre du "Digital services act" (DSA)
Les eurodéputés réclament à la Commission européenne une procédure formelle contre Shein dans le cadre du "Digital services act" (DSA) Les eurodéputés réclament à la Commission européenne une procédure formelle contre Shein dans le cadre du "Digital services act" (DSA) Après un refus initial, les représentants de la plateforme chinoise Shein ont accepté d'être auditionnés par les eurodéputés membres de la commission du Marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) du Parlement européen. Mme Yinan ZHU, directrice juridique de Shein, a ainsi accepté de répondre aux questions des députés. Mme Anna CAVAZZINI, présidente de la commission IMCO, lui a rappelé que "se conformer au droit européen n'est pas une option si vous voulez faire des affaires dans le marché unique". L'ensemble des eurodéputés présents dans la salle a amplement critiqué les actions de la plateforme, pointant du doigt les problèmes de sécurité de certains produits vendus, la violation des droits des consommateurs, les cas de travail d'enfants, le non-respect des droits d'auteur, le mépris pour l'environnement, les soucis éthiques, etc. En fin d'année dernière, les signalements successifs, en France, de la vente sur la plateforme de poupées sexuelles à apparence enfantine puis d'armes blanches, a mis le feu aux poudres alors même que Shein faisait sa grande entrée au BHV à Paris. Le Belge Yvan VEROUGSTRAETE a ainsi estimé que "les pratiques de Shein sont inacceptables" et a tonné, à l'attention de la représentante du groupe : "Si une entreprise européenne avait fait le quart du tiers de ce que vous avez fait, elle aurait fermé depuis longtemps et ses dirigeants auraient été arrêtés !" L'Italien Sandro GOZI (Renew Europe) a reproché à Shein "d'arnaquer" les consommateurs tandis que la socialiste danoise Christel SCHALDEMOSE n'a pas caché qu'elle en "a marre que des entreprises européennes soient soumises à une concurrence déloyale car elles ne peuvent pas être concurrentielles face à des plateformes qui ne respectent pas les normes européennes". Mme SCHALDEMOSE était l'une des négociatrices-en-chef, au Parlement européen, de la législation sur les services numériques ("Digital services act", DSA). Proposé en 2020 par la Commission, âprement négocié durant deux ans par les 27 Etats de l'UE et les eurodéputés, puis entré entièrement en application début 2024, ce règlement entend faire en sorte que ce qui est illégal hors ligne le soit aussi en ligne. Durant l'audition, bon nombre d'eurodéputés ont appelé la Commission européenne à ouvrir une procédure formelle, dans le cadre du DSA, à l'encontre de Shein (qui a été désignée comme "très grande plateforme" dès 2024). Pour l'heure, seules trois "demandes d'informations" ont été envoyées par l'exécutif européen, qui a expliqué aux eurodéputés qu'elle attendait les réponses avant de lancer, potentiellement, la suite de la procédure. "Quand allez-vous enfin avoir le courage de prendre les décisions qui s'imposent ? Pourquoi adopter des armes pour se défendre et ne pas les utiliser quand les consommateurs sont en danger ?" s'est agacée Mme Stéphanie YON-COURTIN (Renew Europe). Pour Mme Leïla CHAIBI (groupe de la Gauche), il est toutefois "un peu facile d'accuser la Commission européenne, alors qu'elle ne fait qu'appliquer ce qu'on a négocié et voté : on aurait pu prévoir un mécanisme de sanctions plus rapide et plus dissuasif". Mme Yinan ZHU a quant à elle tenté de redorer le blason de l'entreprise Shein, rappelant que les procédures "très exigeantes" en place en cas de problème de sécurité des produits, expliquant à quel point Shein se démarque de ses concurrents "par [sa] capacité d'innovation", et en notant que Shein compte "très peu d'invendus par rapport à la moyenne", ce qui "limite largement les déchets".
Stéphanie Yon-Courtin