« Il ne faut pas révolutionner le droit de la concurrence », même s'il est possible de « muscler » les textes européens en vigueur, a déclaré Stéphanie Yon-Courtin (Renew Europe, française), fin janvier, lors d'un entretien accordé à EUROPE.
La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen est en train de plancher sur le projet de rapport annuel de politique de concurrence concocté par Mme Yon-Courtin. Elle adoptera, mardi 18 février, sa position en vue d'un vote en session plénière du PE en mars.
Mme Yon-Courtin reconnaît que l'échec de la fusion Alstom/Siemens, qui a eu au moins le mérite de lancer le débat au niveau européen sur l'adéquation des règles avec une économie mondialisée, a « laissé des traces ». Mais « il faut dépasser cela », a estimé le rapporteur.
Parmi les améliorations possibles des règles, l'élue française est d'avis que les questions de concurrence doivent avoir une dimension internationale renforcée, notamment lors de négociations d'accords commerciaux avec des partenaires internationaux. C'est l'un des enjeux des discussions qui s'amorcent avec le Royaume-Uni, à qui l'UE promet un accès au marché d'autant plus important que les règles britanniques respecteront les normes européennes, notamment dans le domaine de la concurrence (voir autre nouvelle).
Autre enjeu, selon Mme Yon-Courtin, puisque la numérisation « bouleverse tout », les éventuelles pratiques anticoncurrentielles de nature systémique doivent être détectées au plus vite, par exemple via « un dispositif de surveillance centralisé », et l'analyse d'une opération de concentration doit aller « beaucoup plus vite ».
Enfin, le rapporteur, qui réclame une association plus étroite du Parlement européen à la mise en œuvre du droit de la concurrence, voit d'un bon œil la révision, à l'horizon 2021, des règles de l'UE encadrant les aides d'État afin de faciliter la concrétisation du Pacte vert européen. (Mathieu Bion)
Stéphanie Yon-Courtin