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L’eurodéputée Stéphanie Yon-Courtin entend faire le lien entre l’Europe et le territoire

La Députée fait le point trois mois après son entrée au Parlement européen. Entre surprises et projets, Stéphanie Yon-Courtin a entrepris de faciliter les relations entre l’Europe et ses citoyens.

Parlez-nous de vos premiers pas de Députée européenne ?

J’ai été élue vice-présidente de la commission des affaires économiques et monétaires, en charge du rapport annuel sur la concurrence. Je suis membre suppléante de la commission marché intérieur et protection des consommateurs. Enfin, j’ai été dernièrement élue présidente de la délégation de l’Union européenne-Canada, ce qui j’espère me permettra d’aller au-delà du tourisme de mémoire avec ce pays. Parallèlement, j’ai eu à coordonner l’audition de Christine Lagarde en vue de son accession à la tête de la BCE (Banque centrale européenne). J’ai déposé un amendement pour permettre une meilleure promotion des femmes dans l’exécutif des organismes financiers et monétaires. Prochainement, je pars aux USA rencontrer la nouvelle équipe du FMI (Fonds monétaire international), ainsi que nos homologues du Congrès en charge de l’enquête sur les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon).

Et vos premières surprises ?

J’ai découvert que 600 millions d’euros de Fonds européens gérés par la Région, qui dispose pourtant d’une représentation à Bruxelles, n’ont pas été utilisés. Si on continue à travailler ainsi chacun de son côté, on n’y arrivera pas. La logique voudrait que je sois associée au processus d’attribution de ces fonds européens, dotation que je vais être amenée à voter dans le cadre de la prochaine programmation budgétaire. Autre point, plus politique, j’ai été frappée de voir la porosité entre François-Xavier Bellamy (tête de liste LR) avec des élus du Rassemblement national …

Cela vous conforte dans vos choix ?

Juppéiste, j’ai quitté le parti LR (en 2018). Le discours sur l’Europe d’Emmanuel Macron à la Sorbonne (en 2017) m’avait convaincue. Je ne suis cependant pas adhérente de LREM. Au sein du Département, je ne pouvais plus me reconnaître dans le groupe « LR et apparentés », qui notamment n’affiche pas de convictions fortes quant aux droits des femmes. Je viens de rejoindre le groupe DRP (Démocrate, républicain et progressiste) présidé par Marc Andreu-Sabater. Je m’inscris toujours dans le projet départemental, mais j’affiche clairement un soutien à l’action du gouvernement.

Ce mandat de Députée européenne, c’est un rêve qui se réalise ?

Pour ceux qui me connaissent, c’était le mandat auquel j’aspirais le plus. Celui où l’on est le plus utile, surtout en ce moment, à l’époque où l’Europe est la clé de tous les bouleversements : climatique, migratoire, sociétal … Il y a pile vingt ans, en 1989, je devenais juriste à la Commission européenne à l’issue de mes études. Grâce à mon expérience, et notamment mes mandats locaux, maire de Saint-Contest et vice-présidente du conseil départemental, et ce, conformément à l’engagement pris par notre liste Renaissance.

Comment cela se traduit ?

Je vais bientôt ouvrir une permanence à Saint-Contest, qui sera ouverte à tous. Un Député européen ne doit pas rester coincé dans sa tour. Parallèlement, chaque semaine à Bruxelles ou à Strasbourg, je programme une réunion ou une visite qui a un lien avec une problématique du territoire normand, notamment pour jouer un rôle de facilitatrice. Qu’il s’agisse de la filière équine, du Brexit, de la concurrence, du contrôle sanitaire, de l’agriculture et de la pêche … Mon souhait serait que l’on pense tout de suite « Europe » dès qu’un Normand a un projet.

Stéphanie Yon-Courtin a été élue Députée européenne : elle a démissionné de son poste de maire de Saint-Contest, mais a conservé son mandat de conseillère départementale.